Maïk Iohansen est né à Kharkiv en 1895. Après l’Holodomor et les répressions staliniennes contre l’intelligentsia, Maïk Iohansen ainsi que de nombreux autres écrivains et artistes furent arrêtés, exécutés ou envoyés dans les camps de concentration. Leurs œuvres furent interdites, et le modernisme fut remplacé par la promotion du réalisme socialiste.
Voici ma traduction, en français, de “Printemps”.
Printemps
Sur le poème non écrit de l’hiver
tomba, se fondit une goutte de printemps :
le premier thème
sur la dernière page, le blanc.
Je marche sérieux, sombre, et je rêve,
À quelque chose, à des affaires formelles —
pour la répartition de la rente foncière.
Et autour de moi, jouent et folâtrent les vents printaniers :
Ils se moquent de moi, l’intellectuel.
D’un coup, le vieil ouvrier souffla sur moi :
sa fumée de cigarette, douce et collante,
comme si je n’arrivais pas à croire
que c’était l’hiver… et Kharkiv.
Et la steppe me caresse par l’armoise dansante.
Je me suis arrêté, je restais en silence —
Je réfléchis, et cela m’enveloppe ;
Je crois qu’on fera le Printemps sur le monde !
S’avança une présence,
la voix douce et ronde :
— Camarade, prête-moi donc un petit feu pour ma clope.
1924
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